Contre-tarifs canadiens : approuvés par les Communes!

par La Conservation

Qu’un pays et son gouvernement se lèvent enfin! il était temps!

Que les contre-mesures cadiennes soient aussi implacables que celles qui les ont provoquées : cela va de soi.

Mais il faut éviter qu’elles leur ressemblent par leur dégaine : prévenir qu’elles n’aient ni queue ni tête; qu’elles aient l’air de lubies; qu’elles soient accompagnées de déclarations fracassantes; que… qu’… Bref, qu’elles ne soient que le fruit des caprices de l’exécutif.

Exécutif américain qui a oublié son rôle :  « Mettre en œuvre et appliquer les lois adoptées par le pouvoir législatif. » Les décrets à répétition contreviennent à ce beau principe : 275 en ce demi-mandat pas encore à terme, pour un total à ce jour de 495 sur les deux.

Le Sénat – et par conséquent la Chambre des Représentants – n’ont adopté qu’à peu près le double de ce chiffre. Alors que leur rôle à eux, c’est justement d’élaborer les lois que le pouvoir exécutif se met en charge d’appliquer.

À quelque 4 ans d’écart, le quotidien La Presse reprenait sensiblement le même titre : La gouvernance par décret a assez duré et Une présidence exercée à coup de décrets.

Contrairement à notre pays où les décisions de la Cour suprême sont toujours généralement nuancées, aux États-Unis, son équivalent est rarement neutre et penche souvent du côté du pouvoir exécutif, renversant à l’occasion les décisions des tribunaux inférieurs.

Quant aux dépenses électorales, les USA sont bien connus pour les sommes donnant le tournis comparées aux autres démocraties : un peu moins de 2 milliards de dollars pour la première élection de l’actuel président; beaucoup plus pour la seconde. Des législatives de près de 16 milliards, toutes contributions cumulées.

Ces gaspillages sont à l’image d’un pays où les plus riches – qui le sont de plus en plus grâce aux réductions d’impôt – bénéficient d’avantages dont ils refusent de voir les effets pervers auprès des autres contribuables et de la gestion générale du bien public ou commun.

La relation entre l’obésité des fortunes astronomiques et celle des couches de la population les plus démunies ayant de la difficulté à se nourrir convenablement, n’est pas limitée – ce qui est avéré – au seul domaine agroalimentaire. Elle est généralisée :  » il s’agit [aussi] d’un phénomène structurel lié au fonctionnement de l’économie mondiale. « 

Parmi tant d’autres, quelques exemples  » d’actualité  » : 1 – depuis 1.922, trop d’eau est pompée dans le fleuve Colorado pour produire de l’électricité, arroser les cultures, fournir l’eau potable dans 7 États. Le point critique est atteint : le Bureau of Reclamation fédéral vient  » d’imposer des réductions obligatoires de la consommation pour trois États du bassin inférieur (la Californie, l’Arizona et le Nevada) » – plus le Mexique -, mais pas pour les autres qui s’insurgent contre ce qu’ils perçoivent comme une discrimination…

2 – Les plus grosses fortunes n’ayant aucune limite, elles peuvent envisager des projets pharaoniques comme Starbase Louisiana d’où seraient lancés  » 30 vols de Starship par jour (soit des milliers de lancements par an) « ! Au lieu de tirer la leçon du cas précédent qui visait quand même l’intérêt public, celui d’Elon Musk reproduira à une échelle astronomique (sic!) les défauts de Starbase à Boca Chica, au Texas : dégâts environnementaux et écologiques; impacts sur la population locale et privatisation de l’espace public (Mexique encore une fois tout proche…), le tout masqué par de commodes accords de non-divulgation.

3 – Les manœuvres pré-électorales – gerrymanding, restrictions aux votes par correspondance… – mériteraient-elles des  » observateurs étrangers « comme ceux auxquels les Américains ont régulièrement participé par le biais de diverses organisations internationales ou non gouvernementales?  » Courte sélection  » médiatique  » : Venezuela, Pakistan, Biélorussie, Serbie, Haïti…

Ces quelques aperçus (!) ne sont que le microcosme d’une planète que certains jugent de plus en plus mal-en-point. Il y a urgence pour que, chez notre trop puissant voisin du sud, les principes fondamentaux de la séparation de pouvoirs en démocratie soient efficacement restaurés.

Et que nous donnions l’exemple.

Dès que le train de mesures sera annoncé, que la Chambre des Communes soit convoquée à Ottawa pour les approuver en bonne et due forme. Grâce aux dégâts provoqués par qui on sait, il n’est (presque) aucun parti, aucun député qui osera s’opposer  : cette fois, c’est l’unanimité qui percutera!

Mieux : pour bien illustrer l’indispensable séparation des pouvoirs, c’est au préalable que Mark Carney devrait convoquer la Chambre pour lui soumettre l’approbation requise. Une fois le vote acquis, elle représentera la volonté du Collège électoral. Donc du peuple.

C’est ainsi qu’on s’assure de la souveraineté d’un pays. Et que, au besoin (et dieu sait s’il y en a!) on peut la défendre efficacement. Avons-nous la vocation helvétique, ce petit pays des Alpes qu’Hitler a laissé tranquille durant toute la deuxième Guerre mondiale? Hélas! nous n’abritons pas les précieux avoirs américains réfugiés dans leurs institutions monétaires. Mais nous avons d’autres biens encore plus indispensables.

« Amenez-en, des tarifs! » titrait ironiquement un média. Qui ajoutait :Ça va faire mal! Et sans doute pas seulement ni d’abord chez nous… Presque heureusement (?) – a-t-on encore le choix?

© laconservation.ca

P. S. Puisqu’il y a à la fois urgence et menaces, le chef de l’opposition, Pierre Poilièvre, fait son travail lorsqu’il demande un débat en chambre. On peut rappeler que, dès le 10 septembre 1.939, pour déclarer la guerre à l’Allemagne, le Parlement a appuyé massivement le premier ministre Mackenzie King ; sensiblement la même chose (220 voix contre 16) pour l’adoption des Mesures de guerre en 1.970; et quasi unanimité pour les aides d’urgence suite à la COVID en mars 2.020. Dans la plupart des cas, lors de séances écourtées…

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